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Santé au quotidien

Dépression : les causes et les traitements

Lire cet article prend 14 min.

Les antidépresseurs sont des médicaments qui servent en premier lieu à soigner la dépression. Ils peuvent aussi être utilisés dans le cas d’autres maladies telles que les affections liées à l’anxiété ou aux troubles obsessionnels compulsifs (TOC). La dépression peut se manifester par une tristesse, un manque de plaisir et d'énergie, mais aussi par des changements dans le sommeil, l'appétit ou le poids.

Entretien avec le Professeur MARIE-CLAIRE RETION

Brève description de la dépression

La dépression est un état momentané caractérisé par une perception très négative de soi, des autres et du monde, qui engendre un épuisement moral, psychique et physique. Dans les situations graves, cela peut aller jusqu’à la volonté de mourir. Le passé, le présent et l’avenir sont marqués par cette vision désespérée, avec le sentiment de ne pas pouvoir changer cet état des choses.

Un épisode dépressif peut durer quelques mois, parfois plus d’une année.

Les Symptômes de la dépression

Les symptômes habituels de la dépression sont :

  • Un épuisement général avec une perte de l’énergie vitale.
  • Une perte de l’appétit
  • Une perte de la confiance en soi ou de l’estime de soi
  • Un sentiment de culpabilité
  • Un état d’anxiété durable
  • Un retrait social
  • Un état de tristesse et une vision assombrie du passé, du présent et de l’avenir, avec un sentiment de désespoir profond qui peut parfois provoquer des idées suicidaires ou conduire à une tentative de suicide.

Ces symptômes ne sont pas toujours présents en même temps. Ils peuvent aussi se manifester de manière plus ou moins importante d’une personne à l’autre.

Les causes de la dépression

Une dépression peut survenir dans certaines circonstances de vie particulièrement difficiles ou être liée à une maladie physique, voire à des changements métaboliques. Il peut aussi s’agir d’une maladie psychique en soi.

La dépression peut avoir une composante génétique familiale, c’est-à-dire qu’elle peut survenir plus fréquemment chez des personnes dont d’autres membres de la famille ont souffert de cette maladie.

L’environnement social joue également un rôle important dans l’apparition d’une dépression, en particulier : perte d’emploi ou de statut professionnel ; difficulté à vivre dans une société qui pousse l’individu à se surpasser dans tous les domaines et engendre le sentiment de ne pas être assez performant ni à la hauteur.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque de la dépression sont essentiellement les antécédents familiaux et les pressions ressenties dans le cadre professionnel, social ou familial.

Certaines situations existentielles et certains contextes socio familiaux sont associés à un risque plus grand de développer une dépression. D’une manière générale, le surmenage ou le fait de devoir assumer plusieurs obligations en même temps augmente le risque de dépression.

Réponses du Professeur sur quelques questions regardant la dépression

Quand un patient doit-il avoir recours à des antidépresseurs ?

Les antidépresseurs sont surtout efficaces dans les dépressions d’intensité modérée à sévère. Lors de dépressions légères, leur efficacité est controversée et le patient peut s’en passer.

Comment les choisit-on ?

Il existe plusieurs classes d’antidépresseurs, et chacune a un mode d’action spécifique. Lors d’une première prise, le patient commence en général avec un dosage peu élevé, lequel sera augmenté progressivement en fonction de sa réponse. Si nécessaire, on pourra augmenter jusqu’à la dose maximum efficace, avant de changer de molécule s’il n’y a pas de réponse satisfaisante.

Les antidépresseurs et la psychothérapie sont-ils indissociables ?

Lors d’une dépression modérée, l’efficacité est à peu près là même entre la psychothérapie et un antidépresseur. En revanche, lorsque la dépression est sévère, les deux options s’imposent alors. Les antidépresseurs prennent là toute leur importance, car on a besoin que le patient aille suffisamment bien pour bénéficier de la psychothérapie. S’il va trop mal, la psychothérapie aura moins d’impact : il y aura des troubles de concentration, de mémoire, etc. Les entretiens seront alors très difficiles.

Quel est leur mode de fonctionnement ?

Notons tout d’abord qu’il y a un délai d’une semaine, voire plus, pour que l’effet antidépresseur se manifeste. Cela étant, nous ne connaissons pas encore exactement la manière dont ceux-ci agissent. Certaines hypothèses postulent qu’il y a un effet de rééquilibrage de certains neurotransmetteurs comme la sérotonine1 (dont l’activité est diminuée chez les personnes dépressives) dans certaines régions du cerveau. C’est certainement un élément, mais il y en a d’autres. Les antidépresseurs modulent le taux de certains neurotransmetteurs, et à plus long terme ils ont aussi un impact sur des messagers intracellulaires et sur l’expression de certains gènes. Quoi qu’il en soit, à ce jour, nous n’en connaissons pas encore précisément le mode d’action.

Quels peuvent être les effets secondaires ?

Si effets secondaires il y a, ils apparaissent généralement au tout début du traitement : nausées, vertiges, anxiété qui peut augmenter provisoirement. Ce type d’effets indésirables peut durer quelques jours, puis diminuer et disparaître. D’autres peuvent apparaître en cours de traitement et perdurer, comme la prise de poids ou les troubles de la libido. Il faut alors essayer d’adapter le traitement, voir même de changer d’antidépresseur.

Comment mettre fin au traitement ?

Pour pouvoir arrêter la prise d’antidépresseurs, on compte entre six mois et une année de traitement après la rémission, une fois que le patient est sorti de la dépression et qu’il va bien. Et cela ne s’applique que s’il n’y a eu qu’un seul épisode dépressif. S’il y a eu trois épisodes en cinq ans, on recommande alors de continuer pendant au moins deux ans après la rémission. Le risque, si un patient arrête trop tôt, est qu’il pourra facilement rechuter.

De nouvelles thérapeutiques

Il n’existe pas, pour l’heure, d’antidépresseur agissant sur l’acétylcholine2. Cependant quelques études ont pu constater qu’avec un antagoniste qui bloque les effets de ce neurotransmetteur, on pouvait obtenir un effet antidépresseur. Cette découverte pourrait être une piste thérapeutique intéressante à suivre. Il s’agirait alors d’un nouvel angle d’attaque contre la dépression, mais ces résultats prometteurs devront encore être confirmés par de nouvelles études.

De même, d’autres études ont évalué le potentiel thérapeutique de la kétamine. Ce qui est ici très intéressant, c’est que l’on a un effet antidépresseur dans l’heure qui suit l’injection. Cet effet spectaculaire ne durant malheureusement que quelques jours, il faut maintenant chercher à comprendre comment on peut le maintenir à long terme.

Cette découverte de réponse antidépressive rapide est importante, notamment en cas de dépressions sévères. Car celles-ci sont très souvent accompagnées d’idées et de risques suicidaires. Le fait alors d’avoir un délai d’une semaine ou plus pour que l’antidépresseur agisse, est trop long. Si l’on peut « sortir » le patient de la dépression très rapidement, on devrait pouvoir diminuer ce risque de manière considérable. De plus, plus vite on arrive à remonter l’humeur d’un patient dépressif, plus vite on soulage ses souffrances.

Les traitements de la dépression

Selon le rapport 2016 sur la santé psychique en Suisse, réalisé par l’Observatoire suisse de la santé, 3,7% des personnes interrogées prennent des antidépresseurs chaque jour, les femmes étant deux fois plus concernées que les hommes.

Un épisode dépressif dure en général plusieurs mois. Des aménagements du mode de vie sont souvent nécessaires pour guérir, notamment :

  • Le repos est impératif ;
  • La réduction des sollicitations extérieures : l’entourage ou la famille se doit de respecter le besoin de repos et de tranquillité du malade ;
  • La diminution ou l’interruption de la prise de substances, y compris de l’alcool ;
  • L’établissement d’une relation de confiance garante d’une écoute durable et patiente, si nécessaire, dans le cadre d’une psychothérapie.
Des médicaments peuvent être prescrits

Des médicaments peuvent être prescrits par le médecin traitant ou le psychiatre. Il s’agit principalement :

Des antidépresseurs (Zoloft, Xeroquel, Prozac) dont l’efficacité se fait sentir deux à quatre semaines seulement après le début du traitement. Ils sont utiles pour diminuer la souffrance. En ce sens, ils ne devraient pas être administrés sans un suivi médical régulier. Ils ont également des effets secondaires et paradoxalement, de par l’amoindrissement de la sphère émotionnelle, ils peuvent retarder la guérison. Une prescription de très longue durée est néanmoins possible.

Selon le rapport 2016 sur la santé psychique en Suisse, réalisé par l’Observatoire suisse de la santé, 3,7% des personnes interrogées prennent des antidépresseurs chaque jour, les femmes étant deux fois plus concernées que les hommes.

Des anxiolytiques, (Zoloft, Xeroquel, Prozac) dont l’effet est immédiat, mais leur prescription doit être limitée dans le temps (quelques semaines), afin d’éviter l’apparition d’une dépendance à ces médicaments.

Dans des situations bien spécifiques, l’électrothérapie peut être indiquée, notamment en cas de mélancolie ou de dépression extrême insensible aux médicaments. Ce traitement se pratique de préférence en milieu hospitalier, sous anesthésie générale.


Les alternatives pour aller mieux : La psychothérapie, associée ou non à un traitement médicamenteux, fait partie des approches essentielles pour lutter contre la dépression. Elle vise une meilleure connaissance de la maladie, l’acquisition d’outils pour gérer le stress. Son but est aussi d’aider le patient à mobiliser ses propres ressources et à chercher des solutions nouvelles, cela en faisant évoluer le regard dévalorisant qu’ils portent sur eux et sur le monde. En complément, plusieurs pistes se dessinent. D’abord, une hygiène de vie saine est utile. Ensuite, la pratique régulière de la méditation en pleine conscience a montré des résultats très encourageants dans la prévention des rechutes. Enfin, des pistes nutritionnelles sont aujourd’hui à l’étude : les omegas 3 et 6, ainsi que la tyrosine – un acide aminé présent dans les protéines – pourraient avoir des effets positifs sur le psychisme, mais cela reste à démontrer. 

Il est important de souligner que, contrairement à ce que l’on prétend parfois, n’importe quelle saute d’humeur, n’importe quelle période d’accablement ou de tristesse ne sont pas l’expression ou le fait d’une dépression. Le chagrin et la souffrance, ainsi que la nécessité de s’y confronter activement, font partie de l’existence. On ne parle de dépression que lorsque les modifications décrites ci-dessus persistent durant un certain temps. Le terme de dépression désigne une maladie et son usage devrait rester limité au champ médical. Les spécialistes distinguent trois formes de dépression : légère, moyenne et sévère. Les dépressions peuvent survenir par phases ou rester un épisode unique dans la vie d’un individu. Statistiquement, on constate qu’une personne qui a déjà souffert d’une dépression court plus de risques de rechuter.

Merci au DR MARIE-CLAIRE RETION

Références :

  • «Antidépresseurs et suicidalité: état des lieux», Alexandre Henzen, Othman Sentissi, Myriam Arnold, RMS 2013.
  • Paru dans Le Matin Dimanche, numéro du 26 mars 2017,
  • Adapté de «Psychiatrie», M. Kosel, G. Bondolfi, J.-M. Aubry. Rev Med Suisse 2010;6:137-40, en collaboration avec les auteurs.
  • La fatigue d’être soi. Dépression et société. Alain Ehrenberg. Editions Odile Jacob, 1998.
  • Face aux ténèbres. William Styron. Editions Gallimard Folio, 1993.
  • La Dépression, comment s’en sortir. Christine Mirabel-Sarron, Editions Odile Jacob, 2002.
  • J’ai envie de comprendre la dépression, Suzy Soumaille, Editions Médecine & Hygiène, 2003

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